Cela va être difficile, voire impossible.
Mais reprenons depuis le début.
Lorsque, en 2003, mon époux est vraiment devenu handicapé, la prise en charge à 100 % n'a vraiment pas suffit à ces besoins. Je vous passe les détails mais du genre, il lui fallait des vitamines (non remboursables car considérées comme du luxe) et cela nous coûtait 150 euro par mois. A ce moment là, voyant que nous n'arriverions pas à tout payer, nous avons demandé un dossier de surendettement qui nous a été accordé.
Mais, connait-on vraiment les implication de ce système ?
La commission de surendettement laisse une certaine somme tous les mois (une famille de 3 enfants doit pouvoir vivre avec 1130 euro) et prend ce qui reste pour négocier avec les organismes de crédits le remboursement des créances. Lorsque l'on est dans la galère, c'est une vraie bouffée d'oxygène. Il est vrai qu'au début, on se retrouve souvent avec plus d'argent qu'avant. Mais, lorsque des imprévus comme la maladie se greffent dessus, cela devient vite un nouveau parcours du combattant. Nous nous sommes vite sentis coupables de ne pas y arriver encore une fois. Et puis avec 3 enfants scolarisés, c'est vite difficile ! l'école est loin d'être gratuite, quoiqu'en dise certains !
En effet, d'être en commission de surendettement n'est pas pris en compte pour les bourses et l'école coûte cher. Tout le monde sait que les profs sont exigents pour les cahiers, les livres, les classeurs (qui bien souvent sont inexploités), les livres à acheter, les voyages scolaires, etc....
Là dessus, s'est greffé le recueil des animaux. Impossible de dire non lorsqu'une vie est en jeu. C'est là que j'ai décidé de transformer mes oeufs en gâteaux, en quiche et de les vendre sur le marché. Ma démarche a été vite couronnée de succès pour subvenir au besoin de nos pensionnaires. Heureusement !
Il faut aussi que j'explique que le logement que nous louons est rapidement devenu une galère. Le propriétaire ne faisait aucun travaux et nos demandes restaient sans réponse. Il faisait le mort !
Le comble a été lorsque la chaudière est tombée en panne et que le plombier nous a déclaré qu'il ne voulait pas nous faire d'attestation pour le tribunal. Ses raisons : "vous êtes locataires et vous partirez, moi, je reste artisan sur la commune de votre proprio !" Un hiver sans chauffage, c'est dur, mais aujourd'hui, c'est le 4ème.
Mon mari en plus du reste de ses handicaps, était atteint d'une maladie qui lui donnait froid tout le temps. S'il n'y avait pas 25 ° dans une pièce, il se mettait à trembler. Donc, nous avons acheter des radiateurs électriques.
Lorsque la facture est arrivée, impossible de la payer. Nous avons essayer de négocier mais il nous a été très rapidement impossible également de tenir nos engagements. Et, n'ayant pas affaire à E.D.F., mais à une régie, ils n'ont rien voulu entendre. Le 13 septembre 2006, plus d'électricité ! Coupé ! Et, en plus de la somme que nous devions encore (250 euro), 180 euro de remise en route du compteur se sont greffés dessus.
Un copain a proposé de me preter un groupe électrogène : 2 jours et tout à sauter. Le groupe qui n'était pas de première jeunesse s'est emballé et à causer une surtension. Bilan, le groupe mort mais également tout l'électroménager qui était branché. Plus de machine à laver, plus de four électrique, plus de radiateurs, plus de réfrigérateur, plus de grille-pain....... Enfin, plus rien !
Direction Monsieur bricolage ; le patron a bien voulu que je paye en 3 fois un groupe électrogène neuf.
J'ai acheter un chauffage gaz et nous avons installer mon mari dans la salle à manger. Entre temps, j'avais réussi à convaincre mon médecin de le faire hospitaliser pour qu'il soit au chaud.
Bilan : 20 litres d'essence pour le groupe par jour, 1 bouteille de gaz tous les 3 jours, achat du groupe, aller tous les 3 jours à la laverie automatique, etc....
Donc, j'ai vite était dépassée par les évènements et je suis lentement tombée dans une sorte de léthargie dont j'ai du mal à me sortir même maintenant. J'ai vraiment l'impression d'avoir vécu un cauchemar qui dure depuis 4 ans et tout cela, en regardant derrière moi, à cause de cette chaudière !
Tous les matins, en me levant, je me demandais ce qui allait me tomber dessus dans la journée. Jamais, je n'ai été déçue. tous les jours, il arrivait une mauvaise nouvelle.
Bref, j'arrête de m'apitoyer sur mon sort ! Ceci pour expliquer pourquoi, aujourd'hui, cette commission de surendettement fait encore des siennes. Lorsque j'ai pu rembourser les crédits que je devais encore, j'ai téléphoner et une personne soi-disante compétente m'a affirmée que les différents crédits avertissaient la banque de france. Donc, sereine, lorsque l'on m'a proposé cette ferme, j'ai foncé, sûre du moi. Confortée également par 2 banques qui m'ont affirmées que je n'était plus fichée.
Et puis, boum ! le crédit foncier me dit le contraire et après renseignement, une autre personne soi-disant compétente me dit : "c'est à vous d'apporter toutes les attestations de clôture des crédits" et 2 jours après, vous serez défichée".
Ce qui fait que depuis 3 jours, je passe mon temps au téléphone pour ces attestations. Jamais, je ne les aurait toutes avant la fin du mois. Et, entre temps, les banques fuient les unes après les autres.
Aujourd'hui, le 11 mars 2008, il me manque 5 attestations, 4 000 euro d'apport personnel (les banques préfèrent que l'on ait au moins 10 % du prix d'achat de la maison). 135 000 = 13 500 et actuellement je n'ai que 6 000 euro. Vous me direz que 13 500 - 4 000 il manquerait 9 500. Oui, vous avez raison, mais si j'amène 10 000 euro (à peu près le montant des frais de notaire) ce serait parfait !
Fin de cet article pour aujourd'hui et quelques photos dans un autre article.